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Le blog du RTMC. Moto-club atypique (Raging Tamaloù Motor Club) basé en Périgord

Gorges du Tarn, 07/09

, 21:55pm

Voyage dans les gorges du Tarn de la bande à Pierrot HD dit « le Mastar » en ce beau mois d'août 2009.

 

Après nous l’avoir promis pendant des années, et alors que nous ne l’attendions plus, notre ami Pierre s'est enfin décidé à descendre sa moto depuis les frimas de sa Normandie d'adoption. Bien sûr, vu l'engin, fruit de l’accouplement d’un  tracteur agricoleEst ce un avion, est ce un OVNI, est ce un motoculteur Non, avec une draisienne chromée de partout, il n'a même pas essayé de descendre dessus. Il l’a sagement chargée sur une remorque pour faire les 600 km d'autoroutes sans ennuis. Et comme depuis des années nous avions prévu une grande balade ensemble pour ce jour béni, je lui ai concocté un itinéraire particulièrement sympathique.

De nature à peine inquiète, il me téléphone tous les jours depuis 15 jours pour savoir ce qu'il doit prévoir comme vêtements,  ce qu’il doit amener avec lui, ou est-ce que nous allons dormir, si nous allons bien l’attendre et est ce qu'il peut amener son doudou pour dormir la nuit.

 

Enfin, le grand jour est arrivé. Domi et sa Yam passent me chercher d’un commun accord et nous filons récupérer Pierre chez lui, caché dans sa maison semi- troglodytique du fin fond du Périgord noir. Il est prêt, notre grand Pierrot, la Harley brille de tous ses chromes ; il a réussi, à force de patience et en multipliant les essais, a tasser tout son matériel dans ses deux grosses sacoches en cuir,  s'est acheté pour l'occasion un magnifique blouson noir et orange vif qui met en valeur sa carrure imposante (et tout ce qu'il  a d'imposant par ailleurs ! !),  qui protège à peu près autant des gamelles qu’un blouson en jean, et il est aussi calme que s'il s'apprêtait à courir un grand prix.

Pierre HD Baneyx en pleine méditation

Comme toujours, les retrouvailles sont chaleureuses et après force embrassades et mises au point, nous enfourchons enfin nos fiers destriers.

Domi doit me suivre sur sa fidèle TDM, nous placerons Pierre entre nous deux afin qu’il donne le rythme, pendant que je choisirai l'itinéraire, et nous voilà partis. Il fait beau et chaud, la météo est parfaite pour les deux jours qui viennent, et médiocre pour lundi, mais nous verrons bien.

Première étape classique afin de plonger de suite dans le vif du sujet, un petit bout de la vallée de la Vézère, puis la remontée du Coly, la merveilleuse route qui va de Lacassagne à Brive, et la descente sur Cahors à travers le causse couvert de petits chênes rabougris au tronc quasiment noir qui lui ont donné son nom (Périgord noir). Nous rejoignons la vallée du Lot un  peu en aval de Cahors, traversons la rivière par un de ces minuscules pont dont regorge Lot en particulier et le Massif central en général, et faisons un premier arrêt pour déjeuner dans une pizzeria au bord de l’eau. Pour cette virée, vu les loulous qui m'accompagnent, j'ai prévu de s'arrêter déjeuner tous les midis au restaurant et dîner tous les soirs... Au restaurant également !! Plus quelques arrêts casse croûte à la demande. Il n'y a qu'à regarder les photos des deux bébés en question pour comprendre que ce n'est pas avec un sandwich et une salade qu'on les fait patienter entre le petit déjeuner, voire le casse-croûte et le goûter.

Après le café, traversée de Cahors et nous allons visiter le joli village de Saint-Cirq-Lapopie, célèbre pour son aspect typique, son état de conservation,  la beauté de son site, et l’habileté de ses artisans d’art (naqueurs) à vous vendre des trucs et des bidules plus ou moins jolis mais toujours inutiles.Domi Doc Bernard et son fier destrier

Nous avons prévu de dormir le soir à l'hôtel du lion d'or, à Entraygues sur Truyère, et il nous reste quelques heures pour faire les cent et quelques kilomètres qui nous en séparent. Nous pouvons donc repartir tranquillement, sans nous presser car Pierre, qui découvre ce genre de balade, tient à s’arrêter partout. Cette fois, j'ai prévu des étapes courtes, afin que nous puissions prendre le temps de nous arrêter faire des photos, manger, discuter, boire un verre, manger, ou tout simplement nous reposer. Et manger, aussi, parfois.

              Nous reprenons notre remontée de la vallée du Lot, cette merveilleuse rivière qui coule depuis le mont Lozère jusqu'à la Garonne, et arrivons vers 18:00 à destination. Nous tenons un grand pow-wow en cours de route pour décider si nous devons passer par Conques, mais finalement, vue l’heure, nous zappons ce bled.  J'ai choisi  l’hôtel du « Lion d’Or » en particulier,  car il possède  une piscine couverte utilisable une bonne partie de la saison, ainsi qu'un jacuzzi et un terrain de tennis. Après une journée de moto le tennis n’est pas forcément indispensable, mais la piscine…. Inutile de dire qu’un quart d'heure à peine après être arrivé, nous barbotons tous les trois et essayons de détendre nos muscles endoloris. Repas du soir tranquille, copieux et bien arrosé comme il se doit avec mes compagnons du jour, et nuit parfaite.

 

Le lendemain matin départ pour les gorges du Tarn que Pierre, qui connaît les deux tiers du monde en long en large et en travers, n'a jamais visité. Nous sortons de la vallée du Lot par des petites routes sinueuses comme je les aime pour nous retrouver sur les grandes lignes droites hideuses de l'Aveyron des moutons. Le Tom Tom, toujours espiègle, nous fait prendre des raccourcis que je n'aurais même pas songé à emprunter sans lui, jusqu'au moment où nous nous retrouvons sur une route fraîchement gravillonnée, et quand je dis gravillonnée, je peux vous garantir que les gars n'ont pas pleuré la marchandise. Il y a au bas mot 1 cm voire par endroits 3 cm  de gravillons, sur toute la largeur de la route. On se croirait sur une piste, et si Pierre s'en sort merveilleusement bien, Pierre à l'attaque sur sa machineje sens moins bien l’attitude de Domi. Il peste comme un damné, hurlant des insultes tellement fort à l'encontre de cette putain de route que je les entends malgré le bruit de la Harley, mon casque sur les oreilles, et mes bouchons d'oreilles. Je suis ennuyé par cette réaction, car je sais que Domi ne doit pas se sentir à l'aise, mais je pense que le mauvais tronçon sera bref, et je continue. Mauvais calcul, la patinoire se prolonge sur une quinzaine de kilomètres, et je me demande sans cesse à quel moment l'un de nous va faire une erreur et se retrouver au  tapis. Par chance, cela ne se produit pas, et nous n arrivons tous les trois sains, sauf, et sans une égratignure aux motos sur une portion goudronnée qui nous amène vers les grands causses.

De route en route, de départementale en départementale, nous finissons par rejoindre un axe important qui nous conduit à la charmante cité de Séverac le château. Pierre souhaitant visiter ce village, nous décidons de nous y arrêter pour jeter un coup d'œil. Traumatisé par sa récente expérience, Dominique pose sa moto à l'entrée du village et s'installe au premier bar qu'il trouve afin de nous y attendre. Installé sur une colline et grimpant à l'assaut de son sommet, surmonté par une citadelle médiévale, disposant d'une vue à 180° sur des dizaines de kilomètres à la ronde, nous saisissons de suite l'importance stratégique d'un tel emplacement, et apprécions à sa juste valeur la visite d'un site médiéval dans lequel toutes les maisons ne sont pas encore transformées en magasin d'artisanat d'art plus ou moins faisandé cherchant à arnaquer le touriste de passage. Nous reprenons nos montures, laissées à mi-pente, et rejoignons Domi pour une petite bière réparatrice. Nous continuons notre promenade en direction des gorges, dont nous commençons à deviner la dépression par une espèce de lacune dans l'horizon. Comme d'habitude, l'arrivée, puis la descente, sont un moment particulièrement émouvant. Nous nous arrêtons quelques instants pour contempler le paysage et la route en contrebas depuis une corniche qui la domine de sept ou 800 m.

Domi a garé sa moto dans le sens de la Les gorges du Tarn, toujours aussi bellespente, et lorsqu'il essaye de fermer, avec délicatesse, le couvercle de son top case, la béquille se replie et la TDM se retrouve par terre et le type jure comme un charretier. Ce n'est décidément pas sa journée. Nous finissons notre descente, après un détour par un magnifique point de vue où nous rencontrons d'autres motards, toujours sympathiques, et arrivons sur la route qui serpente le long du Tarn.

Quelque peu agacé par ses mésaventures, et peut-être aussi par la faim qui commença le tenailler puisque cela fait déjà 2:00 qu’il n'a pas mangé, Dominique fait du saute-voitures et disparaît à l'horizon, loin devant nous. Nous restons donc tous seuls, tous les deux, Pierre et moi, la Harley et la BMW, et nous nous arrêtons régulièrement afin de profiter des merveilleux paysages qui s’offrent à nos yeux,P7121032 [Résolution de l'écran] en essayant d'oublier la fille ininterrompue de voitures, camping-car, autobus, motocyclette, vélos, tandem, piétons, qui passe derrière nous. Quelques arrêts et quelques kilomètres plus loin  nous retrouvons notre compagnon.... Attablé à un bar devant une bière ! Pas question cette fois de le rejoindre car au fond des gorges, vue l'heure et le soleil tapant il doit faire 38° et nous n'avons qu'une idée en tête, nous baigner! Par chance dans le village se trouve une plage de galets d’accès facile à partir du parking où il nous laissons les motos. Nous descendons tous les trois vers l’eau réparatrice, mais là, Dominique, voulant parfaire son interprétation du Schtroumpf grognon, décide de ne pas se baigner et se pose sur un gros caillou, torse nu, exposé au soleil. Pierre et moi sommes dans l'eau, occupé à nous refroidir, dans cette merveilleuse eau claire qui arrive du plateau du Massif central et qui doit tout au plus couler à 16 17°.Nous nous amusons de l'attitude butée de Domi, alors que nous batifolons tous les deux dans une eau qui nous fait apprécier la vie dans ce qu'elle a de meilleur. Enfin, au moment où nous commencions à craindre que Domi ne fasse une insolation, nous sortons de l'eau, et allons manger un morceau au restaurant le plus proche.

 

Après un repas un peu trop copieux pour moi, nous continuons notre périple. Mais Domi n'a qu'une idée en tête, rejoindre le gîte où il a semble-t-il passé de très bons moments avec sa douce Babette, son épouse, et il ne cesse de prendre la tête du groupe, jetant de fréquents regards en arrière comme le font certains chiens de chasse lorsqu'ils trouvent que leurs maîtres lambinent par trop. A Sainte Enimie, nous remontons l'autre versant des gorges et traversons le plateau des grands causses pour rejoindre l'entrée des gorges de la Jonte. Nous roulons tranquillement, Pierre et moi, Domi devant piaffant d'impatience à l'idée de rejoindre son petit nid d'amour. Nous finissons par le perdre au moment où nous nous arrêtons profiter du spectacle de la découverte des gorges depuis la route. Nous le rejoignons un peu plus loin assis sur sa moto, finissons la visite de ces gorges de la Jonte sans autre arrêt et, quasiment à la sortie des gorges du Tarn, Domi nous fait prendre une petite route à gauche. La dite route monte à l'assaut des pentes escarpées du plateau du causse, se transformant assez rapidement en une espèce de chemin vaguement goudronné par plaques. La montée est si raide, la route est si étroite,  que par moments, pour pouvoir négocier les épingles, Pierre est obligé de faire marche arrière avec son char d'assaut. Enfin, nous débouchons sur le plateau, où la route se transforme en piste sans plus de traces de goudron. Quelques kilomètres plus loin, et alors que Domi, frétillant d'impatience, ne s'est même pas aperçu qu'il avait de nouveau des gravillons sous les roues, nous arrivons au très isolé gite de " La Tindelle ". La Tindelle, plus perdu que ça, tu y vas en chameau

Il est difficile de décrire un machin aussi improbable. Imaginez une bergerie du XVIe ou XVIIe siècle, construit en pierre sèche, retapée de bric et de broc, perdue au milieu de nulle part sur le causse Méjean. L'herbe alentour est tondue par les moutons, les toitures sont de guingois, les bâtiments surajoutés au cours des siècles s'appuient les uns sur les autres dans un enchevêtrement à la Dubout, les tables d'extérieur du restaurant ainsi que les chaises ont été récupérées dans les déchetteries alentour, et le cuisinier, fort sympathique au demeurant, P7131092 [Résolution de l'écran]vous sert le frichti de sa ferme habillé d'un tablier et d'un pantalon qui furent blancs dans une vie antérieure mais dont vous ne voudriez même plus pour nettoyer votre voiture. Naturellement les assiettes et les couverts sont dépareillés et accusent un long service, mais la nourriture est bonne, le vin naturel, c'est-à-dire qu'il est âpre et qu'il tâche définitivement les vêtements et le pastis est a volonté. Mes deux compères se jettent sur l'apéro, puis encore sur l'apéro, Il n'y a pas que la moto dans la vie, il y a aussi les à cpuis sur le vin blanc, puis sur le vin rouge, sans oublier de consommer sans aucune modération les produits de la ferme. Bref, trois heures plus tard nous somment encore à table, profitant du silence et du calme de cet endroit, si calme et si silencieux que certains clients ne peuvent y résister et abrègent leur séjour afin de retourner profiter des bruits de la ville. Le soir, nous rejoignons notre chambre, petite et bizarrement retapée, et chacun essaye de dormir malgré les ronflements des uns et les cascades nocturnes des autres.

 

Au troisième jour de cette balade, chacun se réveille avec une légère gueule de bois, et un franc mal à la tête dû au manque de sommeil, car bien sûr les volets mal ajustés laissent entrer le soleil de juillet dès 4:30 du matin ce qui a pour conséquence que chacun se réveille bien avant l'heure du petit déjeuner. Je profite de l’heure matinale pour aller me promener sur la piste qui nous a amené dans cet endroit, et constate que dans l’autre sens cette dernière rejoint très rapidement une route assez fréquentée qui mène au chaos de Montpellier le vieux.

Le chaos de Montpellier le vieux (5)

Mais je reconnais que c’était plus sympa et folklorique dans le sens de la montée. Une fois le copieux petit déjeuner avalé, nous décidons d'aller visiter le chaos en question, malgré que Dominique le considère comme un amas de pierres et de trous.

Il faut bien reconnaître, après une visite détaillée de l'endroit, que l'exploitation habile des différentes  circonvolutions des monolithes calcaires, soutenue par un étiquetage poétique et forçant l’imagination, peut-être apte à éblouir des touristes bons publics.

Le chaos de Montpellier le vieux (2)Nous sortons rapidement de ce piège à gogo afin de reprendre nos pérégrinations. La traversée de Millau se fait à la vitesse d'un tsunami dopé à l’E. P.O. et sans même nous arrêter pour prendre un café ou visiter une boutique nous nous retrouvons au viaduc, que Pierre n'avait jamais vu. Nous continuons à descendre le Tarn, Domi en tête, poussé par l'envie de rentrer. Arrive midi et son inévitable hypoglycémie, amplifiée chez mes de gugusse par deux nuits de sommeil déficient et de longues heures d'exercice auquel ils ne sont pas habitués. Nous nous installons à la table d'une pizzeria afin de restaurer nos petits corps éprouvés, et surtout de refaire les niveaux chez mes deux épicuriens . Domi ne cessant de raler, je vois passer dans les yeux de Pierre une flamme de mauvais augure, et tout d'un coup la colère contenue depuis deux jours éclate, assurant un spectacle rare qui offre une distraction inattendue aux terrasses des trois ou quatre restaurants voisins, aux passants, et même aux voitures qui défilent dans la rue. D'une voix de stentor, Pierrot passe 10 minutes à vider son sac et à faire part à Dominique des délicates remontrances qui font sourire toute l'assemblée. J'essaye de calmer le jeu en proposant que chacun commence par manger avant que  nous mettions à plat ces légères divergences de vues, mais que nenni, le barrage a craqué il faut qu’il se vide. Cette formalité accomplie, et un solide repas plus tard, nous reprenons la route en direction de Cordes-sur-Ciel que Pierre désire voir à tout prix. Naturellement, Domi fait un peu la gueule, mais les arguments de poids utilisés le font réfléchir et on ne l'entend plus trop aux arrêts.

Arrivé à Albi nous traversons la ville sagement et à la sortie en direction de Cordes je suis obligé de m'arrêter car je ne vois plus dans mes rétroviseurs les phares de deux acolytes. L'attente se prolonge et l'inquiétude monte, nous roulions à 40 50 km/h donc il n'a rien pu se passer de grave mais sait-on jamais, une voiture malintentionnée ou un freinage intempestif aurait pu mettre au tapis un équipage. L'attente se transforme peu à peu en légère angoisse, et au moment où je fast demi-tour je vois arriver l'équipe de choc, qui s'arrête à mon niveau. Sous son casque, qui lui écrase ses petites joues de jeune fille en fleur, et le fait ressembler à un ballon de foot à moitié dégonflé, Pierre hurle et fait de grands gestes. En fait, il a tout simplement ramassé une guêpe qui est allée le piquer sur son crâne d’oeuf, et il a dû s'arrêter à la fois pour éliminer la bestiole et soulager la douleur.

Vers 16:00, nous arrivons à Cordes-sur-Ciel, en plein au moment de la fête médiévale qui est donnée chaque année dans cette charmante bourgade du Tarn, dans laquelle rien n'est oublié pour plumer le touriste crédule. Nous posons les motos ou là où nous le pouvons, Domi a décidé de rentrer le soir et comme nous n'avons pas réservé de chambres d'hôtel, nous sommes assez pessimistes quant à la possibilité de trouver à se loger sur place. Mais qui ne tente rien n'a rien, et nous pénétrons vaillamment à l'office du tourisme ou, sans vraiment choisir, nous nous dirigeons, Pierre et moi, vers la plus jolie des réceptionnistes. Là, nous récapitulons ce que nous désirons comme chambre histoire de rigoler, c'est-à-dire trois lits ou deux chambres séparées dans la même suite, un hôtel avec piscine au calme, et pas trop loin du patelin. La fille rigole nous faisant remarquer que nous sommes réellement au pic de la fréquentation estivale, et juste à ce moment-là le téléphone sonne. Il s'agit d'un hôtel local qui a eu une annulation, et qui se retrouve avec une disponibilité pour une chambre familiale deux pièces, trois lits, et naturellement il s'agit d'un hôtel avec piscine. Si le destin s'en mêle alors...

Nous nous reposons autour de la piscine, barbotant un moment en discutant de choses et d'autres, tout le monde s'est calmé et l'harmonie règne de nouveaux dans l'équipe de pieds nickelés

Comme de bien entendu, l'hôtel se trouve à quelques centaines de mètres du centre-ville, aussi pouvons nous nous rendre à pied au centre névralgique de la fête. C'est assez sympathique d'ailleurs, tous les habitants font un effort pour s'habiller en costume d'époque renaissance, et de nombreuses troupes de théâtres de rue se trouvent sur place afin de nous assurer des spectacles comme il s’en  trouvait autrefois, cracheurs de feu, jongleurs, dresseurs de chevaux, et autres guignolades permettant à une infinité de fainéants de toucher les indemnités d'intermittents du spectacle.

À peine posés à table, les hostilités commencent. Stimulés par la perspective de fêter leur réconciliation, d'oublier leurs différends, de célébrer le dernier soir que nous passons ensemble, d'oublier la pluie  prévue le lendemain, et tout simplement par  le besoin, l'envie, de boire et de bouffer, mes deux Bérurier  amateurs se mettent à engloutir des quantités invraisemblables d'alcool,  de bouffe et de vin. Comme toujours de santé fragile et délicate, je les observe se livrer à cette compétition de très très loin. De toute manière, si je buvais le quart du tiers de ce qu'ils engloutissent, je roulerais sous la table au bout de peu.

Le lendemain matin, au réveil, le brouillard est partout. Dehors, parce qu'il a plu toute la nuit et que la chaleur a créé une brume d'évaporation, et dans les têtes car les quantités d'alcool  ingurgitées ont tout de même laissé des séquelles. Par chance, le petit déjeuner est Pantagruelique, et nous y faisons particulièrement honneur. Surtout les deux bébés joufflus qui m'accompagnent, d'ailleurs. Nous reprenons la route sous la pluie. Pierre est un peu traumatisé à l'idée de salir ses chromes, mais de toute manière il faut bien rentrer.

Le retour est un peu triste, car nous avons quand même passé trois magnifiques journées loin de tout des ennuis, du travail, des problèmes du quotidien avec cette impression de liberté  totale que seule procure les balades en moto. Cahors, Sarlat, nous nous séparons dans cette dernière ville, car Domi est pressé, Pierre rentre plus au nord, et moi je désire continuer à mon propre rythme.

Pour l'été 2010, nous avons décidé de remettre ça, mais cette fois nous allons faire le tour du mont Lozère, et explorer les parties les plus sauvages du Massif central qui sont aussi, à mon goût ses parties les plus belles.