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Le blog du RTMC. Moto-club atypique (Raging Tamaloù Motor Club) basé en Périgord

Sortie Figeac, Musée Champolion

, 04:30am

Bonjour à tous,

comme prévu depuis longtemps, le RTMC a organisé une sortie au musée Champollion de Figeac le dimanche 18 avril. Pour ceux qui s'en souviennent, cette sortie devait avoir lieu le 10 décembre 2009, mais de légers problèmes  nous avaient contraints à la différer.

Dimanche 18 avril 2006. Le rendez-vous est fixé à 9:00 du matin à Boulazac. Les membres du RTMC de Brantôme arrivent à 8:58, frigorifiés car malgré la température très agréable des après-midi, il règne dans les vallées du Périgord un froid quasi glacial à cette heure matinale. Mes deux compagnons de route , transis, sont habillés en motard de la racine des cheveux au bout des orteils : heaumes, veste de cuir renforcé, pantalon de cuir spécial piste avec sliders, gants de cosmonautes, bottes de piste avec des excroissances partout, mines renfrognées et regard de défi,  rien qu'à les regarder on se dit que les reposes pieds vont avoir chaud et perdre de la matière dans la journée. Leurs motos ont été révisées des jantes au guidon, les pressions de pneus contrôlés, l'accord des suspensions vérifiées, il ne manque plus que la Walkyrie diffusée par des haut-parleurs géants afin d'accompagner dignement notre départ.

 

J’ai l’air un petit peu moins professionnel que les deux autres avec mes chaussures de sécurité de maçon, mon pantalon en cuir de buffle de vieil homosexuel sur le retour, et mon casque d'enduro à visière. Mais bon, on va bien voir ce que va donner le rythme de la balade.

Il fait beau, la météo est merveilleuse, il y a peu de monde, et malgré la fraîcheur matinale le plaisir de rouler est vraiment intense.

CIMG6023 [800x600]Les premiers kilomètres, où je suis devant, me surprennent un peu. Je roule à un rythme tranquille, 100/ 110 sur les petites routes du Périgord, et les deux compagnons semblent avoir de la peine à me suivre. Les Versannes, Saint Geyrac, Rouffignac, la merveilleuse vue que l'on peut souffrir du haut des crêtes de Rouffignac, tout le monde semble heureux de faire du tourisme et de plus regarder le paysage que son compte-tours. S'ensuit la côte de Jors avec ses lamaseries, ses moulins à prières géants, ses Shorten (à droite capitaine  à droite,  il faut toujours passer à droite d’un Shorten…) éléments toujours surprenant dans le paysage périgourdin. Quand, en plus, on ne rencontre pas une procession de lama en robe orange, le crâne rasé, psalmodiant des mantras.

Descente sur la vallée de la Vézère et arrêt devant la tour penchée de la Vermondie. J'essaie de trouver un endroit pour garder la moto afin de photographier ce monument méconnu du Périgord, mais cela est très difficile sur cette petite route étroite et sinueuse. C'est dommage, car cette tour solitaire qui s'élève devant son manoir, sans utilité, sans but, et qui penche de quatre à 5°, est particulièrement pittoresque et mériterait une plus grande notoriété.

Arrêt café à Montignac.

1 Montignac sous le soleil du matin

Mes deux chevaliers de la route confessent une certaine fatigue ainsi que pas mal de difficultés pour se concentrer. Cette nouvelle me réjouit le cœur, car vu les régions que nous avons décidé de traverser, il serait dommage de ne pas faire un peu de tourisme et d’ignorer les superbes paysages déserts et arides qui vont se dérouler devant nous.

Passé Montignac, Paulo la Mana prend la direction des opérations jusqu'à la source du Coly. Imperceptiblement le rythme s'accélère, il semble que le café commence à faire son effet. Arrêt à la source du Coly, résurgence gigantesque rendue célèbre par les plongées répétées de notre écologiste en chef national Nicolas Hulot. 

3

 

 Lorsque nous reprenons la route, c'est pour attaquer une longue montée avec un revêtement de bonne qualité et de grands virages très intéressants.

 

4 Source du Coly

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Une décharge électrique semble traverser le Paulo qui soudain se met à visser la poignée des gaz et  rouler un rythme qui ressemble plus à celui que je lui connais habituellement. Les reposes pieds doivent commencer à avoir chaud.

 

Arrêt à Lacassagne pour jeter un coup d’œil à la magnifique abbaye locale, avec son extraordinaire toit de lauzesa

 

 5 Abbaye de Lacassagne

 

 

 

 Puis traversée de Salignac en direction de Souillac.  La route à la sortie du village propose quelques virages magnifiques, malheureusement encombrés par des voitures de papys mamies de retour de la messe du dimanche. Soudain, la même décharge électrique qui avait traversé Paulo 20 minutes plus tôt semble titiller le trou du cul de Christophe qui me double, dépasse une voiture puis deux voitures en plein virage avec un angle à vouloir faire toucher son guidon, et  disparaît. À peine cinq six virages plus loin je retrouve mon Christophe sur le côté gauche de la route, dans un virage à droite, faisant semblant de regarder le paysage.  

J'éclate de rire : et un tout droit, un. Par la suite, il nous expliquera que, occupé à dépasser une voiture en plein virage à droite, il a vu arriver en face de lui un salopard en camionnette, dont on se demande bien ce qu'il foutait là ce jour-ci, et qu’il a préféré se jeter sur la gauche de la route pour éviter un contact qui aurait pu être un peu brutal. 

C’est bon, les deux cascadeurs sont bien réveillés, je sens qu'on n'a pas fini de rigoler.

 

Cependant, un peu échaudé par cet épisode, je m'arrange pour garder Christophe derrière moi en permanence, afin d'être sûr qu'il garde un petit peu de vitesse sous le coude dans les virages.

6 a Dordogne à Souillac

Souillac, Paulo la mana choisi d'attaquer la montée par la nationale 20, 10 km d'une route magnifique avec un revêtement parfait et des virages de grande ampleur. Pas de radar, pas de flic, pas de circulation, du soleil, une température supérieure à 16°, tout cela nous conduit à réduire notre philosophie à un seul mot : gaz !!

 Jean Paul prend largement la tête dans cette montée, et même si je n'ai pas l'impression de traîner en route, étant donné la qualité du comité d'accueil de part et d'autre, rocher à droite et barrière de sécurité hache motard à gauche, je me garde une marge de sécurité confortable. Lors du repas de 12:00, Paulo nous avouera avoir attaqué la plupart des virages aux environs de 140. Échaudé par son expérience récente, Christophe reste sagement derrière moi. Arrivés sur la crête nous prenons en direction de Rocamadour, une merveilleuse petite route de Causse, viroleuse a souhait, d'une beauté saisissante.

 

 

Traversée rapide de Rocamadour et de nouveaux une petite route pour rejoindre Figeac. La dernière partie du trajet est assez lassante, cette grande nationale droite qui traverse les plateaux du Quercy ne présente aucun intérêt, à tel point que soudain nous voyons Paulo s'arrêter sur le bord de la route, tremblant, la bave aux lèvres, les yeux exorbités, sortant la carte routière afin de trouver une route à virages pour rejoindre notre destination.

 

 

En fait, il est trop tard, nous sommes quasiment arrivés à notre but.

Plein d'essence, plein des estomacs, dans un restaurant dont le patron possède une 1200 GS Adventure, ce qui nous amène à sympathiser bien sûr, et visite du centre de Figeac et du musée.

9 Le musée Champollion

Que je vous dise de suite les gars : ce musée est une merveille. Passionnant, très très bien fait, des explications claires, et bien structurées, une taille raisonnable qui permet de le parcourir en intégralité en deux heures, c'est vraiment le musée parfait pour une sortie à la journée.

10 La preuve que nous y étions

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De plus, si le rez-de-chaussée est consacré à Champollion, à la démarche intellectuelle et linguistique qui lui a permis de déchiffrer les premiers hiéroglyphes à partir de la pierre de rosette, les trois autres étages sont dédiés à l'histoire des langues et de l'écriture humaine, et à ce titre on ne s'en lasserait pas. 

De Figeac, nous décidons de rejoindre Saint Céré, par une route dont Jean-Paul a déjà appris par cœur les virages sur la carte. À peine sorti de Figeac, nous nous retrouvons coincés derrière une caravane de conducteurs du dimanche, eux-mêmes ralentis par la nouvelle vérole des routes française : Le camping-car.

Qu'à cela ne tienne, profitant d'un bout de ligne droite de 3 m 50, Paulo visse à fond, double et disparaît dans le lointain de cette merveilleuse montée en virages, poursuivi par le long panache d'étincelles que ses reposes pieds laissent dans chaque courbe. Je remonte tranquillement la  file, toujours suivi sagement par Christophe puis nous attaquons une petite route secondaire, merveilleuse route forestière qui s'enfonce dans les montagnes boisées de cette partie du Lot, particulièrement sauvage. 

CIMG6021

Enfin nous arrivons sur une superbe route de crête, ondulant paresseusement au gré des contraintes géologiques. J’enquille les grandes courbes à allure réduite, profitant du merveilleux paysage qui s'étend à droite et à gauche de la route, les monts du Cantal enneigé à l'Est, et la vallée de la Dordogne qui descend doucement vers l'océan à l'Ouest. Je suis soudain tiré de ma rêverie par le bruit rageur d'un avion de chasse au réacteur suralimenté, et Christophe, visiblement remis de sa mésaventure du matin, me double dans un hurlement de soupapes agonisantes et d'échappements portés au rouge. Aussitôt titillé par cette grosse mouche surexcitée, Paulo visse à fond, et mes deux compères disparaissent dans le lointain, enchaînant les virages à un rythme de danseurs techno ayant abusé des amphétamines. Aussitôt après, je me retrouve seul, profitant du paysage, roulant à un petit 80 afin de ne rien perdre de cette splendide vue. Je m'arrête plusieurs fois lors de la descente sur Saint Céré, subjugué par la beauté des montagnes qui grimpent derrière moi.

Dans Saint Céré, par contre, je me trompe de route et ne retrouve pas les deux complices du jour. Vaguement agacé par cette séparation, et persuadé qu'ils ont continué, je taille la route en direction de la prochaine étape : l’adorable petite ville de Turenne. Arrivé sur place toujours pas de trace des deux excités, je me décide à les appeler, pour apprendre qui se trouvent tranquillement assis à un bar, à Saint Céré, occupés à m'attendre.13

 

Comme ils doivent retourner vers le nord du département, et moi vers le centre, nous convenons donc que nous nous séparerons de cette manière et je rentre tranquillement par Chassagnac, le lac du causse et Terrasson.14 Le beau Lac du Causse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Arrivélà, un peu lassé de tous les virages, je finis ma balade par la nationale 89. Pour une reprise des promenades du RTMC, je peux vous garantir qu'il s'est agi d'une merveilleuse journée de balade, quoique peut être un peu longue puisque nous avons fait 400 Kms dans la journée

 

 

Par Fred