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Le blog du RTMC. Moto-club atypique (Raging Tamaloù Motor Club) basé en Périgord

Le tour du Mont Lozère

, 21:58pm

16/17/18 JUILLET 2010

 

 TOUR DU MONT LOZERE ,

 

Vendredi 16 juillet , 8h30, Boulazac. Le rendez vous étant fixé à 8h30, le brave staccato du TDM de Domidoc de fait entendre dans la montée à 8h29 45 secondes. L’ensemble composé de la TDM noire, surmontée de sa sacoche de réservoir noire et de son top case noir et conduit, pardon, piloté par un Domi habillé en noir des pieds au casque, se présente comme prévu à 8h30 00.

Le type est heureux comme un gosse qui va partir en colo avec des potes et arbore ne banane à faire rêver un centre de repos de la MGEN. Jusque là, tout va bien, il n’y a plus qu’à récupérer le troisième membre Pétrocorien du team avant de décoller. Commence alors une attente meublée par de profondes considérations philosophiques sur la tenue de route de telle bécane ou le niveau gastronomique des derniers restaurants ouverts en ville. A mesure que le temps passe, je réduis l’itinéraire prévu pour rejoindre l’élément Thenonais de la bande. Enfin, à 9h00, le gros flat de PierreR fait entendre son bruit feutré, poussé dans les tours par son propriétaire, conscient de ne pas être tout à fait à l’heure. Le temps de saluer tout le monde,  de se dire trois mots, et la seule solution pour se trouver dans les temps à Thenon est de prendre la Nationalebeurk .

Nous récupérons PierreB, dit « Le Mastar » dans sa grotte des environs de Thenon. Instruit par l’expérience de l’année précédente, il est à peu prés zen, ses affaires sont prêtes, les sacoches de la Harley sont bourrées, et il porte les vêtements dédiés à la sainte marque nord américaine : blouson Harley, gants Harley, pompes Harley, slip Harley, etc. Arrêt barrage dans l'Aveyron, entre Entraygues et LaguiolePour son prochain anniversaire je crois que nous allons nous cotiser pour lui offrir un casque HD afin que la panoplie soit complète !!

Départ par  Montignac, Salignac Evigues, Carlux, Payrac. Depuis Montiganc, Pierre R se trouve en queue de peloton, ce qui n’est pas du tout son genre et je m’amuse à prédire le moment et surtout le moyen qu’il va trouver pour prendre la tête du groupe, comme il aime tant le faire. Son problème en fait, c’est qu’il ne connaît pas  l’itinéraire, bien que je l’ai présenté par mail quelques jours avant le départ. Alors il ronge son frein, tâche de rester sagement derrière…lorsqu’à Carlux, au premier arrêt, il remarque que je suis la route grâce au Tom tom fixé sur ma ête de fourche. Amusé, je le vois sortir son Garmin de sa housse, le fixer sur son support et le paramétrer. Bien, première partie de la solution, il ne lui reste plus qu’à savoir les noms des étapes prévues, et il pourra exprimer son leadership naturel. Cela se produit quelques Kms plus loin, lorsque je loupe un embranchement, PierreR, à l’affût, me demande la prochaine étape (Payrac) ; la programme en un tournemain sur son GPS, et route, le voilà à sa place naturelle, habituelle et incontournable : devant.

Petit café à Payrac, je fais une synthèse de l’itinéraire pour notre nouveau leader, qui l’inscrit aussi sec sur son guide aux étoiles et en route pour de nouvelles aventures. La route Payrac Rocamadour, toujours aussi sublime, serpentant à travers causse et canyons, puis la descente sur le Célé par des vicinales caussardes enchâssées de murets en pierre sont des moments de pru bonheur motard. La météo est plus que sensass, beau temps pas trop chaud, la circulation faible, tout le monde a la frite et la Harley n’a pas encore perdu une seule pièce. Quelques Kms avant Carlucet, PierreR loupe une intersection, mais, confiant dans son lecteur d’étoiles, il s’engage dans le premier chemin que celui-ci lui indique, et nous plongeons dans le fond d’une combe. En queue de peloton, je commence à m’inquiéter, je ne sais que trop comment se terminent en général ces chemins à peine goudronnés. Bingo, dans la vallée, le goudron disparaît et  nous nous retrouvons sur une piste, assez roulante. Mais autant les GS y sont à l’aise, autant cela ne devrait pas poser de problème à la TDM, bien que chargée assez haut, autant je suis ennuyé en pensant à la Harley, qui n’y est pas du tout dans son élément. Et encore, cela pourrait aller, car mon GPS me donne la connexion avec la bonne route à quelques Kms que je suppose du même acabit que ce sur quoi nous évoluons, c'est-à-dire une piste large et bien entretenue. Malencontreusement, le Garmin est plus précis et il nous fait soudain obliquer sur notre droite, sur un chemin en montée creusée d’ornières profondes. J’ai une pensée émue pour PierreB sur sa Harley, qui ne doit pas être à la fête. Par contre, il s’en tire merveilleusement bien, négociant les trous, les bosses et les croisements d’ornières avec une maestria d’enduriste confirmé. Je n’oublierai jamais la tête d’un agriculteur sur son tracteur climatisé lorsqu’il vit passer cette bande improbable de motards sur le chemin médiocre longeant sa bergerie !

De retour sur le goudron après plusieurs Kms de graviers et d’ornières, PierreR s’arrête et nous regarde, hilare et rouge de plaisir et nous fait « Râlez pas je vous construit des souvenirs !! »

Par le goudron cette fois nous rejoignons le Célé, puis arrêt repas à Saint Sulpice, dans un relais motard tenu par un flic à la retraite possesseur d’une Harley, qu’il nous montre avec fierté. Essence à Figeac, PierreR nous abandonne momentanément car il doit faire le plein seulement dans certaines stations, et nous le retrouvons quelques instants plus tard, au pied de l’église d’un petit bled. Cela permet à tout le monde de constater l’efficacité de ce mode de contact, que je recommande vivement : lorsque vous partez en groupe, fixez des points de rendez vous, ne général tous les 70/100kms, dans une église d’un petit bled, vous êtes sûr de retrouver tout le monde…du moins tous ceux qui possèdent une carte et savent la lire !!

Une baignade dans le Lot plus loin, et nous sommes à Conques, Conques, enfin (3)superbe cité médiévale, étape jacquaire, dans sa vallée sauvage. Un peu gorgée de touristes, mais la crise aidant, c’est finalement très acceptable. Dernière étape, Conques Entraygue sur Truyère, 20 Kms de petites routes tellement viroleuse que l’on se demande à quel moment elles vont faire un nœud sur elles mêmes, Arrivée assez tôt à l’hôtel pour profiter de la piscine. Repas du soir animé, gouteux, quelque peu alcoolisé, bref une de ces soirée magnifique entre potes. Pas de difficulté pour retrouver l’hôtel, donc tout ne va pas si mal ;)

 

Samedi 17/07

 

Tout le monde réussit à se lever à peu prés à l’heure, et départ vers Laguiole. Le Garmin du lider Rafimo nous fait prendre des petites routes sublimes, visiter un lac de barrage, découvrir les prémisses du plateau de l’Aubrac, avant de nous poser sur la place du marché de Laguiole. Que je vous dise, Laguiole, pour ceux qui ne connaissent pas, c’est une grande rue qui rebique sur elle-même, avec alternativement une hôtel, un coutelier, un bar, un boucher vendant de la viande d’Aubrac et cela recommence jusqu’à ce que vous ayez fait le tour de la question et soyez revenus sur la place du marché. Mais certains bars vendent des couteaux, des hôtels vendent de la viande, les couteliers sont tous plus ou moins parents et tout le monde vend Laguiole !! L’essence même de l’âme Aveyronnaise, de ceux qui « descendent » de Paris après trente ans de bistros avec douze appartements, trois maisons et à qui on tire le tapis rouge chez leur banquier.

             Pierre R, tenu par des obligations familiales, nous quitte là et rentre en Périgord. Nous aurons toujours beau coup de plaisir à faire de nouveau la route avec lui.

Nous continuons sur Nasbinals, à travers les étendues rugueuses et  désolées du plateau de l’Aubrac, puis descente sur Marvejols et pause repas.

L’après midi, Mende, visite du centre ville, et nous remontons le lot  vers le Bleymar, où nous décidons de raccourcir le périple en passant par le Mont Lozère au lieu de faire le tour par Genolhac. Bonne décision car alors nous pouvons bénéficier du merveilleux paysage visible vers l’est depuis le sommet du Mont. Au minimum 100 Kms de visibilité sur une grande partie du massif central, dans une ambiance un peu fraîche de montagne. Descente par l’autre versant vers Florac en suivant le cours du Tarn, cette partie méconnue de la rivière qui préfigure les grandes gorges que l’on trouve entre Florac et Millau, mais qui n’en est pas moins belle car aussi sauvage et plus douce. La température augmente à mesure que nous descendons, pour flirter finalement avec les 30 °, ce qui contraste méchamment avec les 8 à 10 ° du sommet du Lozère. Pierrot HD sur sa ..

            Arrivée à Florac et plein pour tout le monde. Le Pierre restant commence à avoir ses petits yeux des grandes fatigues, et sa manière rogue de répondre aux questions est un signe qui ne trompe pas ses vieux pote : il en a marre de sa journée ! C’est alors qu’il se produit un phénomène auquel nous n’étions pas du tout habitué, Pierrot le placide, Pierrot l’homme qui veut toujours s’arrêter partout, Pierrot le conducteur tranquille d’une moto faite pour rouler doucement, Pierrot décide de prendre la tête de la colonne pour rallier l’étape du jour, Meyrueis, début des gorges de la Jonte. Dans un grand claquement du bicylindre en V centenaire, il laisse sur place les voitures qui minaudent en ville, enquille la route vers le sud, et fonce dans le tas. Désormais, et sur les trente derniers Kms, nous assistons à un festival de pilotage de Harley sur petite route de montagne. Le hollandais qui trainaille dans son combi ? Plap plap plap, un souvenir ; le parisien qui regarde le paysage ? Plap plap plap, on l’oublie ; les cyclistes qui montent péniblement à l’assaut du col ? Plap plap plap , ils n’ont même pas le temps de reconnaître le type de la bécane ; le paysage en haut du col ? Plap plap plap tiens, fumes on en a vu d’autres, et des plus jolis ; la route est gravillonnée de frais ? Plap plap plap on s’en balance, avec une bécane de 450 Kgs cela fait comme Moïse et la mer rouge : les gravillons s’écartent et on n’est pas emmerdés. La TDM et la GS suivent tout juste, et par moments nous sommes largués car les gravillons nous inquiètent un peu, mais je suis sûr que n’importe quelle sportive serait à la traîne face à une telle démonstration de pilotage. Comme me le fait gentiment, mais avec un peu d’insistance, remarquer Domi, nous contournons le chaos de Nîmes le vieux sans un seul regard.

Enfin, nous arrivons au but du jour. Nous nous regardons, Domi et moi : jamais nous n’aurions cru que ce genre d’engin pourrait aller aussi vite  sur ce type de route. Un grand moment de moto, vraiment !

Repas Pizza et nuit à l’hôtel « Family » refait à neuf, propre et de bon goût. Tout le monde se couche tôt et passe une bonne nuit Restaurant motard le Saint Sulpice, sur la route 46

 

Dimanche 18/07

 

Départ à 8h30 après un petit dej sympa. Nous avons une longue étape pour rentrer à Périgueux, il ne faut pas traîner. Nous commençons par traverser le causse Méjean du sud au nord, et descendons sur le Tarn par une improbable route en lacets aux virages tellement serrés que par moment je crains que la GS ne racle. Nous croisons un 4X4 qui est obligé de faire des manœuvres pour négocier les virages en montant. C’est sur la traversée du Tarn, par un petit pont, que l’impensable se produit : nous nous perdons !!! Sur cinquante mètres et à vingt à l’heure, alors que j’attaque la montée en face, vers le nord, mes deux acolytes prennent vers l’est. Instant de panique dans le team, mais je me pose sur la place du village après de vaines recherches, vérifie la force du signal de réception, et attends que le miracle de saint portable se produise, ce qui prend une vingtaine de minutes. Explications de rigueur ( Au contact, une voix angoissée »Où t’étais passé, bordel ? ») et choix d’un lieu de rendez vous.

Les retrouvailles se font sur la route, à un stop, comme quoi nous étions bien coordonnés. Nous descendons alors le Lot par Saint Geniez d’Olt (les Aveyronnais ont rebaptisé le Lot « l’Olt », mas j’ai beau me creuser la cervelle, je ne vois pas quel profit commercial ils peuvent en tirer), Estaing, avec arrêt de rigueur pour essayer d’apercevoir notre ancien président, et nous recroisons notre route à Entraygue.

Domi nous abandonne ici, pressé qu’il est de rentrer voir maman, et nous continuons tranquillement vers Aurillac. La montée depuis Entraygue sur les plateaux du Cantal est un modèle du genre : route large, revêtement parfait, pas une voiture, je m’en donne à cœur joie, histoire de tester mes nouveaux pneus bigommes. Par contre, pas moyen de faire toucher les reposes pieds, il faudra que je demande à Jeap, notre spécialiste, ce qu’il arrive à faire. Dans les grandes lignes droites du Cantal, la Harley retrouve son élément naturel, et par moment je vois même Pierrot se servir de son overdrive, histoire de décontracter sa main droite !!

Déjeuner  avant Argentat, sieste entre Argentat et Beaulieu sur D, et retour par Turenne et Larche. Je perds Pierrot avant la Bachellerie car je décide de rentrer par l’autoroute et lui continue par la route vers sa grotte, qui se situe tout prés d’ici.

Encore une belle virée du RTMC, que tous ceux qui n’étaient pas des nôtre s’en mordent les doigts jusqu’au sang !!!

 

Amitiés à tous, Fred