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Le blog du RTMC. Moto-club atypique (Raging Tamaloù Motor Club) basé en Périgord

Montagne Noire

, 04:30am

 

BALADE DE LA MONTAGNE NOIRE

6, 7 et 8 MAI 2012 (en photos...)

 

Dimanche 6 mai, dix heures.

Je reviens à peine de voter lorsque j’entends dans la côte les brêles de mes potes. Vite, sortir la mob, attacher dessus les bagages avec forces sangles et sandows, offrir un café, s’habiller en chevalier médiéval avec heaume et armure, sauter sur le fier destrier, et route…jusqu’à la station de nourrissage la plus proche.

Première partie de mécanique, Jeap démonte un bout de sa meule qui ne clignote plus dans le rythme, mais tout rentre dans l’ordre et c’est le grand départ.

Nous tirons au plus court par Rouffignac, Montignac où nous avons une pensée amicale pour notre pote le baron, qui pourra peut être de nouveau faire des virées avec nous un jour, lorsque son installation sera terminée. A Sarlat, un orage nous oblige à nous réfugier quelques temps sous un providentiel séchoir à maïs, le temps que les affaires se calment et que la marée se retire de la route. Dans les fonds des vallons, c’est encore difficile de distinguer la route des fossés et des ruisseaux, mais en levant haut les jambes, on arrive à traverser sans trop se mouiller les pattes.

Ces péripéties nous ont pris un peu de temps, du coup nous nous arrêtons manger à Payrac. Pizzeria de filles, avec nappes, chemin de table, bouquets de fleurs , couverts design et jolie serveuse. Un peu de poésie dans ce monde de brutes……

Au redémarrage, le ciel est propre et nous retrouvons avec plaisir les routes du Lot, Rocamadour, Carlucet. Arrêt culture à l’oppidum de Murcens pour une plongée dans le monde gallo romain, puis, une fois le neurone apaisé, redépart par la Vallée du Vers, ses cascades et les petites routes viroleuses que nous affectionnons au RTMC. Saint Cirq Lapopie, Limogne en Quercy, Saint Antonin Noble Val, et enfin Bruniquel, où Jeap nous a réservé une chambre d’hôtes.

Je découvre, car les autres connaissent, un lieu improbable tenu par des babas de la grande époque, passionnés par…les ânes. Il y en a partout, en photos, en bibelots, en sculptures... Cette ancienne gendarmerie (!?) recèle des chambres dans tous les coins, des dortoirs, des salles de bains communes, et d’autres privées, dans un invraisemblable capharnaüm mélangeant les armes médiévales avec quantité d’autres objets plus où moins identifiables.

La cuisine, immense, sert à tout, y compris de niche pour le chien et le premier inspecteur des services d’hygiène à la visiter y fera un infarct. Mais l’accueil est chaleureux, la bouffe excellente et bio, et le petit déj. pantagruélique restera dans les annales du club.

 

LUNDI 7 MAI.

 

Départ à neuf heures, le ventre plein, sous le soleil, par des routes superbes…. Le bonheur motard !

Sauf que la batterie de la Versys commence à donner des signes de faiblesse, et nous devons la pousser pour démarrer.

A dix heures trente nous sommes à Albi, pour le deuxième arrêt culture : la visite de la cathédrale. Nous allons finir par avoir mal à la tête à force de nous culturer de la sorte. Nous sommes très tentés par la visite du musée Toulouse Lautrec, et puis finalement on se dit que nous reviendrons exprès, un jour.

Traversée de la plaine par les grands axes, 80 Kms de route nationale avec tout ce qu’il faut : camions, feux rouges, aménagements casse vitesse dans les bleds….. je m’attends à ce que Jeap craque et parte sur les cotés, par les voies secondaires, mais il ronge sagement son frein (NdJeaP : Quoi que... un p'tit pétage de plombs sur 5 bornes "à donf" m'a bien fait tomber la pression...) et après Mazamet nous attaquons de nouveau les chemins de traverse pour arriver au Pic de Nore par un sentier goudronné sur lequel deux motos auraient de la peine à se croiser.

Superbe vue d’en haut sur la plaine de Carcassonne, avec la chaine des Pyrénées au loin, les sommets toujours enneigés. Un bon break, le temps d’en prendre plein les yeux, de discuter un peu avec des motards de rencontre, et nous redémarrons pour zigzaguer dans cette partie du massif central. Sauf que la Versys, elle, refuse de reprendre du service, batterie naze. Il est douze heures trente, nous entamons une descente au point mort. Parfois Jeap tente de démarrer à la poussette, mais l’odeur de brulé qui se dégage de l’alternateur ne nous inspire pas. Les secours s’organisent alors, Jeap tracte la Versys pendant que j’explore les devants afin de trouver un point de chute où nous pourrons manger et laisser la bécane le temps de trouver une batterie.

Mais surtout manger en fait !

Le terminus de la pente se situant à Cabrespine, j’y bloque le tandem et nous nous arrêtons au hasard devant une maison qui marque le début du plat. La dame sort alors, il faut dire que les distractions sont rares dans le bled, nous demande ce qu’il se passe, avec l’accent qui va bien….. et nous propose d’héberger la moto le temps de la réparation ainsi que de manger et boire... Elle appelle son fils, qui est motard aussi et fait des pizzas dans un camion. Ce qui fait que une demie heure plus tard nous sommes nourris, abreuvés, la moto est en sécurité, Serge est confortablement installé sous la tonnelle à boire le café avec nos hôtes improvisés. Jeap et moi , nantis de l’adresse d’un commerce de batteries ouvert et disposant de la bonne référence, fonçons acheter la pièce défectueuse à Carcassonne.

Elle est pas belle, la vie ??

Deux heures de galère plus tard, chaleur, embouteillages, pollution, stress, la nouvelle batterie est montée. Nous quittons nos hôtes et repartons plein nord par Lespinassière et deux trois cols splendides, sauvages, des routes tournantes et un revêtement correct. Exactement ce dont nous rêvions avant de partir.

Mais il se fait tard, je suis rincé, et aux environs de Saint Pons de Thomières, JeaP-la-démerde nous trouve une chambre d’hôtes quatre étoiles.

Dans le petit village de Prouilhe accroché au flanc de la montagne, une dame a retapé une grange en pierre pour y aménager deux chambres. Là encore, travail de fille : Dessus de lits, plus coussins assortis, plus salle de bain nickel, plus serviettes moelleuses, etc. Tout bien, quoi !!

Pas de table d’hôte ce soir, Serge "décide" donc spontanément de se rendre au village voisin afin d’en ramener un casse croûte. Histoire sans doute de faire oublier le gag de la batterie... 

Soirée merveilleusement douce, entre potes, balade digestive dans le village avec ses jardins aux accès particuliers et nuit parfaite. Les volets et les rideaux sont si étanches que nous nous réveillons bien après le lever du jour.

 

Mardi 8 mai

 

La dame vient nous faire un petit déjeuner, là encore avec six confitures, cinq thés, du café frais moulu, du miel de la ferme, de la crème de marrons, des Krisprols, du pain grillé à volonté, le tout préparé avec la plus grande attention. Un régal.

Départ à neuf heures trente par des petites routes tellement torturées que l’on dirait qu’elles vont se replier sur elles mêmes. (NdJeaP : Mention spéciale pour le responsable local de l'Equipement et son sens de l'humour très développé ! J'explique : La toute petite route entre Prouilhe, Marthomis et Brassac (qui permet de ratrapper la D907 où là, les courbes sont dantesques sur un revêtement parfait...) est tellement étroite, qu'une seule voiture y passe déjà difficilement. On y trouve -Malgré tout- au milieu, une superbe ligne blanche discontinue ! Fallait oser... En fait, on n'a pas fait gaffe, mais ça devait être une piste cyclable !?...)

Nous suivons la route des lacs, en direction de la Salvetat sur Agout, et découvrons à cette occasion une merveille de lac de barrage, au bout d’une route dédiée et en cul de sac, donnant sur un à-pic…… un bout du monde qui se mérite, je vous laisse le chercher sur la carte. Allez, un indice : le nom commence par Vez…

Café à Lacaune, bercé par la fanfare interprétant des airs militaires… Je ne suis toujours pas fan !!

Remontée vers le nord et la maison.

Nous enquillons des…petites routes pour rejoindre Requista en suivant de la vallée du Rance. Nous débouchons sur les plateaux à mouton Aveyronnais. Le temps se couvre, mais comme la météo nous a promis zéro pour cent de probabilité de pluie pour la journée, nous retardons le moment d’enfiler les vêtements étanches. Une fois bien mouillés, nous décidons qu’Internet c’est bien, mais que rien ne vaut le constat de visu. Et c’est un nouvel arrêt au bord de la route pour se contorsionner afin de se rendre imperméables.

Pause de midi un peu plus loin, à Carmaux, ex pays minier, sous une pluie fine qui nous sape le moral…lequel remonte en flèche au café lorsque nous constatons que le ciel se dégage à nouveau. Il est temps de rentrer au bercail, j’en appelle à Saint Guepse, qui me trace un route au plus court pour cela : Cordes sur ciel, Saint Antonin de nouveau, Caussade, Cahors, Villefranche du Périgord, maison.

Les routes du Périgord apparaissent absolument dévastées par le gel de cet hiver, en plus mauvais état que toutes les autres routes suivies au cours de ce périple. Nous allons bientôt devoir rouler en bécanes de cross pour être peinards !

 

Voilà, à bientôt pour de nouvelles aventures, en espérant que nous serons plus nombreux la prochaine fois…………..

 

  Par Fred & JeaP